MATATOS: la mode aux couleurs du Brésil

« Il faut essayer dans la vie, c’est dur, mais il faut oser. »

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J’avais envie de vous parler de mode aujourd’hui, et tout particulièrement d’une créatrice, qui a rejeté la grande distribution pour se tourner vers du « fait main », qui a pris son courage à deux mains et qui s’est lancée !

Pricilla est la créatrice de la marque MaTatos, d’origine brésilienne, elle est arrivée en France en 2009 à l’âge de 18 ans et a lancé sa marque en 2015
J’ai eu la chance de passer une journée en sa compagnie où elle a pris le temps de me montrer ses créations, son atelier, ses tissus et de m’expliquer de le fonctionnement des machines qu’elle utilise !

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Tout en douceur et en féminité, c’est ici que naissent les créations MaTatos.

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« On peut dire que j’ai toujours voulu faire ça. »

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l’intérieur d’une surjeteuse, un engin de l’espace !

Je me suis transformée en journaliste le temps d’une journée pour la photographier sous toutes les coutures (sans mauvais jeux de mots) et pour lui poser tout un tas de questions !

« On apprenait les matières, comment faire des patrons… »

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MaTatos en questions et en images

        • Pricilla, tu es arrivé en France à 18 ans, tu ne parlais pas le français couramment, explique moi ton parcours, qu’as-tu fait pour réussir à te former et acquérir ses compétences en couture ?

          « Je n’ai pas fait des études approfondies dans ce domaine. Quand je suis arrivée en France, j’ai fais une première année de BTS agricole donc rien à voir avec la mode, mais ça m’a permis d’apprendre beaucoup sur les techniques de bases que vous avez pour écrire, pour réfléchir.
          Le système scolaire français n’est pas du tout pareil qu’au Brésil où le niveau est très faible. Par la suite, j’ai été obligé de faire une remise à niveau en arts appliqués pour pouvoir faire des démarches sur post-bac, pour avoir des écoles de design de mode, de stylisme etc. Mais comme j’ai un bac brésilien et que je n’ai pas d’équivalence française, je n’ai pu rentrer dans aucune école. Du coup après, un peu découragée, j’ai tout arrêté.

          J’ai essayé d’apprendre un peu mieux le français pour pouvoir l’écrire correctement puis j’ai fais une année d’arts appliqués à la fac. Ça m’a permis de connaître beaucoup d’artistes, de lire un petit peu plus, ça a été une bonne expérience.

          Un jour le prof m’a demandé ce que je faisais là et m’a dit qu’il me verrait plutôt faire un BTS dans le stylisme, et quand je lui ai dit que je n’arrivais pas à rentrer dans ces écoles, il m’a parlé d’alternatives, les CAP, BEP… Je ne connaissais pas ces formations, alors on m’a orienté vers la mission locale, et ce sont eux qui m’ont aidé à trouver une place pour faire un CAP en métiers de la mode et du vêtement flou.
          On apprenait les matières, comment faire des patrons, ce genre de choses, mais c’est très court comme formation, j’aurais voulu que ça se fasse sur deux ans pour qu’on est le temps de tout voir, mais c’était très enrichissant. »

        • D’où te viens cet intérêt pour la mode, cette passion ?

          « En fait, si tu veux j’ai grandi dans la mode.
          Je suis d’une famille nombreuse, ma mère faisait nos habits, quand on voulait sortir, elle inventait un t-shirt, une jupe, un haut, ça vient de là. Depuis toute petite, ma tante faisait des bikinis, de la lingerie, mon autre tante faisait des vêtements et ma grand-mère est brodeuse.
          Quand j’étais petite je prenais les chutes de ma mère et je faisais des habits pour mes Barbies, je faisais des trucs à partir des chaussettes, je faisais toute la maison de la Barbie, les draps, le lit etc.
          J’ai toujours aimé les matières, les tissus, j’aime bien les toucher. C’est pour ça que je n’aime pas trop acheter sur les sites internet, parce que je n’ai pas le contact avec les matières.
          On peut dire que j’ai toujours voulu faire ça. »

« Je me suis dit, Lagerfeld… alors pourquoi pas Matatos ! »

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    • À quel moment as-tu décidé de te lancer, tu as eu un déclic ?

      « C’était après mon CAP, j’étais peureuse et mon mari, Marc-Antoine, m’a poussé à me lancer, il me soutient énormément dans ce que je fais.
      Il m’a dit « lance toi, trouve un nom pour ta marque, si tu vends c’est génial, si tu ne vends rien c’est pas grave, au moins essaye ».
      C’est lui qui m’a poussé à avancer et à franchir le pas. »

    • Et alors, MATATOS, comment tu as choisi ce nom ?

      « C’est une histoire rigolote en fait, mon mari quand il est énervé il m’appelle par mon nom complet, et un jour où il était énervé contre moi, il a mal prononcé mon nom, de Matos il a dit « Tatos » et il m’a dit « Ah maintenant je vais t’appeler ma Tatos ». Ce nom est resté, tout le monde m’appelle comme ça depuis.
      Et puis je me suis dit Lagerfeld… alors pourquoi pas MaTatos !
      Au moins, ça me représente vraiment, la simplicité c’est le mieux c’est ce que je me dis toujours. »

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    • Qu’est-ce que tu aimes le plus créer ?

      « Je n’ai pas de préférence, j’aime bien les sacs parce que je suis folle de sacs ! Surtout pour l’été, je vis l’été et j’aime créer des choses pour l’été ! J’ai déjà des idées de créations pour une collection cet été.
      La seule chose que je n’arrive pas encore à faire c’est dessiner et faire des vêtements pour hommes et j’aimerais bien développer ça parce que mon mari me demande tout le temps quand est-ce que je lui ferai ses chemises ! »

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    • Où puises-tu ton inspiration ?

      « Je vais au magasin de tissu, je touche tous les tissus, je regarde, j’analyse, je m’assoie.. et là les idées commencent à venir.
      Parfois j’aime bien mélanger les idées en fonction de modèles que je vois. J’observe aussi beaucoup les filles dans la rue, leur morphologie, comment elles font, comment elles marchent, comment elles s’habillent et là l’inspiration me vient.
      Quand je suis dans les magasins de tissus, je me perds et je peux y passer l’après midi. »

    • Explique-nous un petit peu ton processus de création.

      « Des fois, j’ai des idées déjà précises et je sais directement dans quels magasins de tissus aller.
      Souvent je rentre juste pour voir leurs nouveautés, j’aime bien mélanger les tissus, les matières. Quand je rentre chez moi avec le tissu, je fais le patron. Je ne perd plus de temps à faire des croquis, mon imagination et mes idées évoluent au fur et à mesure, donc je préfère partir du patron, ça me permet d’être plus libre, de pouvoir partir sur quelque chose d’autre. Il existe des patrons tout fait que j’utilise parfois comme base mais j’en fais aussi moi même. »

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« Ce que j’aime, c’est que ça sorte de l’ordinaire. »

    • Combien de temps ça te prend en moyenne pour réaliser tes modèles ?

      « Ça peut me prendre des mois, ça dépend. Je n’ai pas beaucoup de temps libre car je travaille à côté mais si je me donne un objectif je peux mettre deux jours. Pour une création je travaille au minimum 10 heures dessus, de l’idée jusqu’au produit fini. »

    • Tu as des créateurs, des couturiers qui t’inspirent particulièrement ?

      « Beaucoup oui ! Lagerfeld est orignal, il a une façon de travailler originale, j’aime tous les créateurs qui font des choses que seul Rihanna peut porter !
      Je me perd à Paris, chaque fois que j’y vais, je regarde tout. J’aime bien Marc Jacobs, le style d’Anna Dello Russo. Dolce Gabanna aussi, j’aime son côté fleuri, la façon qu’il a de mélanger les matières et les imprimés et Alber Elbaz qui a travaillé pour Lanvin, j’adore son côté petite robe avec des noeuds.
      Il y aussi des créatrices brésiliennes que j’aime beaucoup, comme Patricia Bonaldi, elle fait beaucoup de belles robes habillées. Elle a une façon de travailler, avec beaucoup de transparence et de broderies.
      Chez chacune de ces marques il y a des petites choses qui me plaisent.
      Ce que j’aime bien c’est que ça sorte de l’ordinaire. »

    • Où est-ce qu’on peut se procurer tes créations ?

      « Pour l’instant, il faut passer directement par moi, via la page Facebook de ma marque ou sur mon compte Instagram.
      Pour une amie par exemple, elle avait besoin d’une robe de gala, on a d’abord communiqué sur Facebook puis elle est venue chez moi pour les mesures, pour les essayages, pour savoir ce dont elle avait vraiment envie.
      Sinon je fais des marchés de créateurs sur Marseille. Il ya aussi Happy Market qui permet aux jeunes créateurs de vendre leurs produits. »

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    • As-tu des projets en cours ?

      « Je suis en train de me rapprocher d’une association, Interface Mode Asso à Marseille, qui aide les jeunes créateurs à se débrouiller pour lancer leur entreprise, sur les démarches administratives, le marketing etc. Il faut leur présenter un projet solide et ils sélectionnent ceux qu’ils prennent en charge.
      Le but final étant de lancer officiellement ma marque. »

    • On te souhaite quoi pour l’avenir ?

      « Le lancement officiel de la marque déjà ! Et ce que j’aimerais c’est avoir une marque responsable, qui utilise des produits locaux pour éviter un peu la pollution, et réaliser mes créations en circuit court. Les tissus que j’achète viennent de Paris ou de Lyon par exemples. Le fait-main est qualitatif, original, on sait que la personne a pris soin de le faire. Un jour on va réussir à faire que les gens se tournent plus vers le « fait main ». »

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  • Pour terminer: quel conseil donnerais-tu à ceux qui hésitent encore à se lancer dans leurs projets, que ce soit dans la mode ou autre chose ?

    « Il faut le faire ! Il faut essayer dans la vie, c’est difficile, mais il faut oser. C’est très dur de faire le premier pas, parce que tu as peur, tu te poses des questions. Il faut bien se renseigner sur toutes les possibilités et être patient. »

Je vous laisse en images… Dites moi dans les commentaires si vous aimez ce type d’article/reportage et si vous avez d’autres questions à poser à Pricilla vous pouvez la joindre sur sa page Facebook et Instagram !

 

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J’ai adoré faire ce type d’article et je vous prévoie d’autres surprises dans les semaines à venir ! Si vous ne voulez pas louper le prochain reportage, je vous invite à vous abonner !

À très vite et merci !

Manon

2 réflexions sur “MATATOS: la mode aux couleurs du Brésil

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